Revenir à : Accueil > Edito
Edito

Gros problème de fumée 5.0

Alors que le GPF (Global Peering Forum) 5.0 qui rassemble les principaux opérateurs et ISP internationaux bat son plein à Miami, un volcan Islandais se réveille et cloue au sol tous les vols Européens. L’audience du GPF étant à 50% américaine et à 40% européenne, tous les participants européens se retrouvent bloqués aux USA au moment de leur retour en Europe.
A ce stade, les pronostics vont bon train et les tentatives de repli sont multiples : certains partent pour New York, espérant que la fréquence des vols leur permettra de trouver plus facilement un retour, d’autres rentrent par des chemins détournés au hasard d’une place, passant par Rome, Genève et Paris pour regagner Amsterdam, d’autres enfin profitent de ce séjour forcé aux USA pour se rendre à Washington, New York ou autre afin d’y faire des installations ou des meetings.
Pour ceux restés aux USA, le sens profond de ce genre de réunion internationale, dédiée aux négociations bilatérales de peering et à un networking intense prend au-delà des relations courantes une autre dimension.
De nombreux américains offrent leurs services, hébergent des européens chez eux, mettent à disposition bureaux ou Internet pour aider leurs homologues à pouvoir travailler en attendant de pouvoir rentrer chez eux. Les européens se regroupent et s’organisent localement, échangent des nouvelles, cherchent ensemble des solutions. Cette situation et ses contraintes montrent une solidarité des acteurs de l’Internet en tant que groupe d’individus et pas uniquement d’entreprises.

Les débats du GPF 5.0 ont porté sur le futur de l’Internet, l’évolution inéluctable vers IPV6, la prise en compte croissante des contraintes des services comme la vidéo, l’évolution des modèles économiques et de la fonction des points d’échange IP face à la modification des règles du marché de la bande passante, et la nécessité de proposer des services innovants dans l’interconnexion et le support des nouveaux flux.
C’est un travail de réflexion sur le futur qui permet aux professionnels présents du monde entier d’échanger leurs points de vue, leurs solutions techniques, de partager des solutions, et de préparer de façon collégiale l’adaptation des réseaux, des outils, des politiques de sécurité et enfin de la croissance pour supporter l’explosion des contenus en ligne. C’est aussi de plus en plus une passerelle vers les nouveaux acteurs, notamment asiatiques, qui vont à leur tour bousculer la volumétrie et les règles d’exploitation en place sur les réseaux occidentaux.
C’est en même temps une chance de pouvoir les intégrer et échanger avec eux sur ces sujets, et de normaliser des solutions internationales au lieu d’en faire un nouveau théâtre d’affrontement technique et économique. Aucune autre industrie n’a eu cette opportunité jusqu’à lors, les débats et tentatives de normalisation étant souvent politisés plutôt que gérés par les acteurs réellement impliqués. ‘Il n’est de richesse que d’hommes’ a dit en son temps Jean Bodin. A l’heure des réseaux sociaux virtuels, rien de tel que plusieurs jours d’échanges face à face suivis d’une épreuve commune pour vérifier que les gens qui les fabriquent restent avant tout des hommes.

RESEAUX

Voir l'état du réseau.