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Edito

Mondialisation, quand tu nous tiens…

Le forum de Davos bat son plein et curieusement cette année, il semble plus studieux que paillettes, plus étatique que business. Le monde deviendrait-il raisonnable ? Bien sûr, quand on vient de réchapper à la peste, on est davantage enclin à réfréner ses penchants les plus extrêmes, surtout quand les certitudes d’hier deviennent les interrogations de demain et pourtant… La France, championne du nucléaire, qui coup sur coup perd le marché de l’année vers Abu Dhabi par ses dissensions internes et sa médiocrité à l’export, et qui pour la première fois depuis des décennies se met à importer massivement de l’électricité de ses voisins, alors qu’elle leur en vendait hier. Renault qui s’attire les foudres de son actionnaire majoritaire, l’état, en parlant de délocaliser sa production de véhicules à faible marge. L’état qui, parallèlement, pour éviter une explosion sociale annoncée depuis la fin de la crise financière, fait feu de tout bois sur le plan fiscal, y compris par des méthodes illégales, engage enfin le plan de réduction de ses dépenses attendu depuis 20 ans, mais promet à toutes les corporations des aides, des subventions, des allègements de charges alors que son déficit global repousse sans cesse ses limites. A l’autre bout du monde, mais pas si loin de nos assiettes, la planète risque la pénurie de sucre parce que les récoltes en Inde ont été mauvaises à cause de problèmes climatiques, ce qui empêche les usines de transformation brésiliennes de fonctionner, et donc réduit l’offre de sucre sur les marchés internationaux. L’autre bout du monde où les relations financières particulières entre la Chine et les Etats-Unis, permettant à ces derniers de vivre très au dessus de leurs moyens depuis deux décennies, relèguent progressivement la zone Euro au rôle d’observateur de l’économie mondiale. Que reste t-il donc à l’Europe puisque les matières premières lui échappent, ou qu’elle les détruit comme la production de lait, dont le modèle économique Européen, couplé au processus de distribution, fait produire à perte ? Déclin énergétique, déclin économique, déclin de la production primaire et manufacturière nous obligent à repenser intégralement le futur de notre économie. Rendons nous à l’évidence, les puissances coloniales d’hier sont les parcs d’attraction de demain pour les pays, hier en voie de développement, demain aux commandes de l’économie mondiale. Le ‘cœur’, c'est-à-dire la puissance dominante à une période de l’histoire, concept cher à Jacques Attali, se déplace vers l’Est. Il nous reste à capter son intérêt, son énergie et demain ses subsides, à travers notre innovation, notre positionnement des industries tertiaires à haute valeur ajoutée, et à conserver sur notre sol le fluide majeur des échanges de demain : l’information.

Partant de tous ces constats, l’évidence de l’émergence d’un acteur français majeur, drainant vers notre sol le trafic international a vu le jour. La géographie est favorable à la France, centre de l’Europe, bordée par 3 mers, pour attirer les fibres optiques continentales ou transcontinentales qui touchent notre sol. Reste à capter le trafic de données et de voix qu’elles délivrent, notamment avec les nouvelles puissances économiques, pour assurer la pérennité de notre industrie du savoir et des technologies. La première brique de cette interconnexion avec le monde est pour notre métier la maîtrise d’un point d’échange majeur, qui a donné naissance à l’organisation France-IX, et qui, souhaitons-le, sortira Paris de son rôle d’acteur de seconde zone de l’Internet, pour que notre économie de la connaissance prenne demain le relais de notre économie agricole et industrielle déclinante, et assure à notre pays un futur maîtrisé.

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